Thèse terminée!

Bonjour à tous,

Ce petit message pour vous informer que j’ai obtenu mon diplôme de Docteur en Economie le lundi 29 juin 2009 à 12h20 exactement, avec la mention très honorable pour la thèse intitulé: « les leviers et stratégies économiques utilisés par les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme transnational – 1968-2006« .

Les membres du Jury étaient:

  • Marc Bertonèche (Professeur de Gestion et de finance internationale, Université Bordeaux IV, et Harvard – rapporteur),
  • Philippe Martin (professeur d’Economie, école doctorale de Sciences-Po),
  • Daniel Mirza (professeur d’économie, Université de Tours et chercheur au CEPII – rapporteur),
  • Jean-Marie Paugam (chef de service des affaires bilatérales et de l’internationalisation des entreprises, Direction Générale du Trésor et de la politique économique, Ministère de l’économie de l’insductrie et de l’emploi),
  • Thierry Verdier (professeur d’économie, Directeur à l’école des Hautes Etudes en Sciences Sociales – directeur de recherche)

Cette thèse explique quels sont les outils de sanctions et d’incitation économiques et financiers développés par les Etats-Unis depuis 1968 afin de riposter à la menace terroriste. La nature du terrorisme ayant changé, les Etats-Unis ont du adapter leus leviers d’action. Certains paradoxes peuvent être relevés dans leur approche et il est nécessaire de regarder le détail des différentes mesures afin de bien saisir les interactions entre sanctions, incitations et terrorisme afin de juger de l’efficacité de chaque mesure.

Nous réfléchissons avec Daniel Mirza et Thierry Verdier à la publication d’un ouvrage sur le sujet.

Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter!

Je laisse ce blog en ligne pour tous ceux qui cherchent des ressources sur le sujet. J’espère que vous y trouverez ce dont vous avez besoin!

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Mesures de prévention de l’islamisme radical en Europe

Alors que s’ouvre aujourd’hui l’audience de Guantanamo sur les accusés du 11 Septembre, un article de Jean-Pierre Stroobants paru dans Le Monde en date du 6 juin 2008 explique que l’Union Européenne va prendre de nouvelles mesures pour lutter contre la radicalisation des jeunes dans le terrorisme islamiste.

Les experts européens les estime à 3 000 environ en Grande-Bretagne, quelques centaines en France, de 100 à 200 aux Pays-Bas et en Belgique: leur profile a changé ces dernières années. Ils sont recrutés beaucoup plus tôt, ne sont souvent pas fichés – ce qui complique leur repérage. Autour des cellules de ce « terrorisme interne », indirectement lié à Al-Qaida, on retrouve quelques milliers de sympathisants non engagés dans l’action violente, mais prêts à partager les idées des leaders radicaux.

Pour Gilles de Kerchove, coordinateur européen de la lutte antiterroriste, l’Europe s’est essentiellement préoccupée des conséquences à court terme du terrorisme. Elle soit maintenant développer un plan à long terme et s’attaquer aux causes de la radicalisation de certains musulmans.

Comme le précise l’article,

« Depuis juillet 2005, l’UE a été épargnée par les actions terroristes à grande échelle. Les attaques qui ont visé des Européens en dehors du territoire des Vingt-Sept, tout comme les informations qui remontent vers Bruxelles en provenance des Etats membres, confirment cependant que la menace n’a pas décru.

Divers services de renseignement continuent à évoquer le  » basculement «  de jeunes gens du fondamentalisme vers l’islamisme, puis de l’islamisme vers l’action violente. Diverses cellules organisent toujours le recrutement de ces militants via des organisations caritatives, des mouvements de jeunesse, des associations de quartier, des écoles. Instruits par les événements des dernières années et les nombreuses arrestations opérées dans divers pays, ces groupes deviennent, en outre, des structures de plus en plus fermées, difficilement pénétrables par les agents du renseignement. »

Il s’agit naturellement d’écarter préalablement « toute stigmatisation de l’islam » et impliquer des musulmans dans sa campagne, et agir sur différents plans sans empiéter sur les compétences nationales.

Du côté des Etats Membres, les choses semblent avancer également:

  • L’Espagne formulera des propositions pour favoriser le dialogue avec les divers courants religieux, mieux assurer la formation des imams et réduire l’influence des courants les plus radicaux dans le message délivré aux croyants.
  • La Grande-Bretagne imagine, avec l’aide d’experts et de groupes de la société civile, la constitution d’un  » discours alternatif «  à celui d’Al-Qaida, sorte de dictionnaire de contre-propagande.
  • La Suède, forte d’une longue expérience, avancera  » des idées neuves «  sur le rôle de la police de proximité.
  • Les Pays-Bas collecteront les  » meilleures pratiques «  de leurs autorités locales en matière de prévention terroriste pour élaborer une sorte de guide.
  • L’Allemagne, qui a mis en place un programme d’observation intensive d’Internet, amplifiera cette initiative. Elle a déjà débouché sur la naissance d’un portail mis à la disposition des Etats membres par Europol, l’office européen de coopération policière.

Il faudra rajouter à cela des mesures pour lutter contre l’endoctrinement dans les prisons et axer sur l’axe de la communication.

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Les jeunes algériens et Al Qaida

Cet article d’Amir Akef dans le Monde du 26 Septembre 2007 met en avant la jeunesse des terroristes algériens. Agés de 14 à 16 ans, ils suivent, « dans les maquis environnants, des entraînements au maniement des armes et au transport de bombes ». On leur donne des noms de guerre et l’usage de la technologie moderne (disques compacts) permet de leur enseigner les méthodes de combat à domicile. L’attentat-suicide du 8 Septembre dernier contre une caserne des garde-côtes à Dellys a fait 30 morts et fut perpétré par un jeune terroriste, Nabil Belkacemi, surnommé Abou Moussab Al-Zarquaoui: il n’avait que 15 ans. Selon l’article,

« le délai entre sa disparition du domicile familial et l’attentat n’a pas dépassé quelques mois. La presse algérienne a mis en cause l’influence d’un imam du quartier de l’Appreuval, à Kouba, dans la banlieue d’Alger, qui a depuis été arrêté.

Aux critiques sévères sur la gestion des mosquées, le ministre des affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, a répondu que le  » recrutement des kamikazes et des terroristes ne se fait pas à l’intérieur des mosquées, mais aux alentours de ces édifices religieux, c’est-à-dire sur la voie publique « .

A l’occasion du dixième anniversaire du massacre de Bentalha, la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem) estime qu’au moins un million d’enfants algériens sont victimes de traumatismes liés à la violence terroriste et que seuls 5 % ont bénéficié d’une prise en charge psychologique appropriée. Une situation qui fait craindre une banalisation de la violence.

Dans le même temps, le nombre de «  harragas « , ces jeunes qui tentent de rallier l’Europe clandestinement dans des bateaux de fortune, ne cesse de croître en dépit des dangers. Une autre forme de désarroi contre lequel les parents semblent tout aussi démunis.

Enfin, il sembleraient que ces jeunes soient rémunérés, entre 20 à 30 euros (2000 à 3000 dinars) pour faire les informateurs auprès d’Al Qaeda au Maghreb islamique:

«  »Ils étaient chargés de collecter des informations sur les mouvements des policiers, des militaires et des entrepreneurs dans la région (…) Les policiers qui les ont arrêtés sont convaincus qu’ils se trouvaient en présence de kamikazes potentiels. Un responsable de la police a lancé un appel aux parents pour qu’ils « surveillent les fréquentations de leurs enfants « . »

Les itinéraires du terrorisme islamiste

Beaucoup d’articles sont parus ces derniers temps, 6 ans après les attentats du World Trade Center, et quelques jours seulement après les arrestations opérées en Allemagne, envers des jeunes gens soupçonnés d’avoir tenté de préparer des attentats à la voiture piégée pour le compte de l’Union islamique du Jihad (IJU). Un article de Cécile Calla paru le 11 Septembre 2007 dans le Monde, De la province allemande au Jihad, explique le parcours des terroristes en devenir… Et comme elle le dit si bien dès la première phrase, « c’est un itinéraire qui reflète le nouveau visage pris par le terrorisme islamiste« .

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Al Qaeda au Pakistan et le bilan américain de la lutte contre le terrorisme

Vu dans le Monde ce matin…

« Le rapport du Conseil national du renseignement (NIC), une synthèse du travail de 16 agences d’espionnage, n’est pas tendre avec la Maison Blanche. L’International Herald Tribune note que l’organisation a réussi à maintenir en vie Oussama Ben Laden et ses lieutenants tout en se renforçant dans la zone tribale du Pakistan, tandis que les Etats-Unis se concentraient sur l’Irak. En mars 2002, George Bush estimait qu’il ne savait pas où se trouvait Ben Laden : « Je m’en fiche, ce n’est pas important, ce n’est pas notre priorité », confiait-il. El País souligne, pour sa part, que l’organisation dispose à nouveau des moyens d’attaquer les Etats-Unis sur leur sol. Selon le rapport, Al-Qaida « continuera d’essayer d’acquérir et d’employer des matériels chimiques, biologiques, radioactifs ou nucléaires », indique le FT. »

Quelques extraits par ici: Lire le reste de cette entrée »

Aide et Terrorisme

Kemal Dervis

Le 10 juillet dernier, le journal Le Monde publiait un entretien avec Kemal Dervis, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement. Cet article est intéressant à plusieurs égards.

D’une part, il rappelle certains bienfaits de la mondialisation sur le développement économique et social des pays d’Asie et d’Amérique Latine: « depuis le tournant de ce siècle » en effet, « la mondialisation vaut à l’espèce humaine une convergence remarquable« . Cela dit la mondialisation creuse aussi les inégalité et laisse derrière elle de nombreux pays Africains. Comme le rappelle l’ancien ministre des Affaires économiques et des Finances de la République de Turquie, « cet écart a été mesuré : le revenu moyen par tête des dix pays les plus riches du monde était trois fois plus élevé que celui des dix pays les plus pauvres, en 1820. Aujourd’hui, il est cinquante fois plus élevé. Les causes de ce décrochage sont connues : le sida en Afrique australe et la guerre civile en Somalie ou au Soudan. »

Pour essayer d’enrayer la croissance de ce fosset d’inégalités, il propose donc la mise en place d’une aide efficace, « qui ne soit pas attribuée pour des raisons politiques comme les Etats-Unis l’ont fait, par exemple, au Nicaragua et l’Europe au Zaïre, au temps de la guerre froide.
L’Union européenne a su aider généreusement le Portugal et la Hongrie à rattraper le reste de l’Europe de l’Ouest. C’est de ce type d’aide aux infrastructures, à l’éducation, à la santé dont ont besoin les pays les plus démunis.
 »

En réalité, Kemal Dervis a aussi très souvent demandé que les budgets militaires décroissent au profit de ceux de l’aide:
« Le monde dépense grosso modo, chaque année, 90 milliards d’euros pour l’aide au développement et 900 milliards pour ses armements. Cela n’a pas de sens, même dans une optique sécuritaire. »

Et il rappelle ainsi que les avions de combat et les missiles ne permettent pas de combattre « les vrais fléaux de l’humanité que sont le terrorisme, les pandémies et le réchauffement climatique. L’aide est infiniment plus efficace que des chars, mais elle suppose que l’on sorte des conservatismes budgétaires qui reconduisent d’année en année les mêmes dépenses en faveur d’armées régulières inadaptées dans le monde actuel. »

Selon lui le plan stratégique du PNUD peut « privilégier, bien sûr, la lutte contre la pauvreté, mais aussi la promotion de la gouvernance démocratique, la prévention et le traitement des conflits, l’énergie et l’environnement. » Ainsi l’organisation a aidé le gouvernement kenyan à réformer son administration. Au Liberia et au Congo-Brazzaville, ils ramassent et détruisent les armes légères après la fin des conflits. Ils ont aussi « contribué à rendre possibles, en 2006, les élections en République démocratique du Congo – RDC – , avec le concours de l’Union européenne. La RDC a pu se doter d’un président et d’une opposition dans des conditions difficiles, mais acceptables.« 

Cet entretien rappelle donc d’une certaine manière que face au terrorisme, les politique préventives sont souvent beaucoup plus adaptées que les politiques répressives…

Origine des terroristes – Une preuve de plus

Comme indiqué ici, les terroristes sont rarement issus de familles pauvres et peu éduquées. Les terroristes ayant fait des tentatives d’attentats au Royaume Uni le week end dernier se trouvent être issus, pour la majorité, du milieu hospitalier. Comme indiqué dans cet article du Independent (Brilliant student, doctor – and now a terror suspect, Ian Herbert and Cahal Milmo) publié hier, Mohammed Asha, l’un des terroristes présumés, a décidé en 2004 de partir de Jordanie pour venir poursuivre sa carrière de médecin au Royaume Uni.

Les autres suspects sont également des médecins: l’irakien Bilal Abdulla de l’hopital Paisley’s Royal Alexandra et l’Hindou de 26 ans de l’Hopital Halton dans le Cheshire. Deux autres médecins âgés de 25 et 28 ans de l’hopital Royal Alexandra ont aussi été arrêtés.

Le père de Mihammed Asha assure pourtant que son fils n’a jamais montré aucun intérêt pour l’Islam politique: Lire le reste de cette entrée »