Algérie: une évolution de la politique anti-terroriste?

Dans un article du quotidien La Liberté repris par Courrier international le 22 mars 2007 (« Après la négociation, le retour aux armes« ), Mustapha Hammouche explique que la politique de réconciliation avec les islamistes armés a montré ses limites. « Discrètement, le pouvoir algérien revient de l’illusion pacificatrice de la réconciliation nationale. Les opérations de l’armée s’intensifient et les signes de renforcement de la vigilance des forces de l’ordre se multiplient.

Dans un message à Ben Ali, le président de la Tunisie, Abdelaziz Bouteflika s’engage à « extirper le terrorisme à la racine », confirmant la conversion éradicatrice de la politique sécuritaire du pays. La « lutte antiterroriste » contre les éléments irréductibles des groupes armés a toujours été couplée au discours de la réconciliation, comme une espèce de politique d’appoint à la démarche de l’arrangement. Mais, depuis l’avènement de la concorde civile, puis de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, ce n’est pas courant qu’elle soit exposée comme stratégie à part entière. Il n’y a pas d’équivoque sur le message, surtout qu’il est adressé à un voisin qui n’a jamais été tenté de transiger avec les islamistes. »

Le journaliste pose la question se savoir si l’objectif est d’opposer riposte maghrébine et ambitions maghrébines du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, rallié à Al-Qaida depuis peu et devenu « Armée islamique d’Al-Qaida ») ? Car « le même jour, en effet, Ben Ali mettait les jeunes Tunisiens en garde contre ‘les risques de reniement et de perte d’identité » et les exhortait à se garder « des courants de l’extrémisme, du fanatisme et du terrorisme’. » Lire le reste de cette entrée »

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Bananes et Terrorisme

Selon un article de Sergio Gómez Maseri du journal El Tempio en date du 15 mars 2007, repris aujourd’hui dans les actualités en ligne du magazine Courrier International, « l’industrie de la banane alimenterait les paramilitaires en Colombie ».

La marque américaine Chiquita, multinationale de la banane, vient en effet d’être condamnée à 25 millions de dollars d’amende pour avoir financé les groupes d’extrême droite en Colombie. Comme l’explique l’article traduit par CI, « l’affaire a commencé en 1997. C’est à cette date que le directeur de la Banadex [filiale colombienne du producteur de bananes Chiquita] a autorisé une série de paiements maquillés en « contributions » à une Convivir [coopérative de sécurité privée] servant de façade aux paramilitaires. A partir de cette date et jusqu’au 2 février 2004, le producteur de bananes a effectué plus de cent versements pour un montant total de 1,7 million de dollars, tous autorisés par les dirigeants de la filiale colombienne et du siège de la multinationale Chiquita, aux Etats-Unis. »

Les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC – United Self-Defense Forces of Colombia) sont inscrites depuis 2001 sur la liste des organisations terroristes étrangères du ministère des affaire étrangères américain mais étaient déjà responsables à cette époque de dizaines d’assassinats dans la zone de production de la firme. Dirigées par Carlos Castaño, l’une des personnalités les plus recherchées par la justice, les AUC ont apparemment agi de la sorte avec plusieurs multinationales présentes en Colombie de la même manière, menacant les mauvais payeurs de représailles. La firme Chiquita n’a eu faire de la position américaine et a continué à payer, « au motif que cela ne la mettait pas (à l’époque?) en infraction avec la législation des Etats-Unis ». Lire le reste de cette entrée »

Une nouvelle branche d’Al Qaeda?

L’Orient le Jour à Beyrouth et Courrier international – 16 mars 2007

Il semblerait, selon le NYT, qu’une nouvelle organisation liée à Al-Qaida, baptisée Fatah Al-Islam, ait vu le jour à Tripoli. Mise en place par Shakir Al-Abssi, un Palestinien en fuite qui propage l’idéologie d’Al-Qaida, elle menace d’attaques les Etats-Unis. Shakir Al-Abssi, autrefois proche d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, un des chefs du réseau islamiste tué en Irak l’été dernier, serait à la tête d’environ 150 hommes. Son organisation serait emblématique de la renaissance actuelle d’Al-Qaida, selon les experts. Mais cette organisation est-elle vraiment proche d’Al-Qaida ou à la solde des services secrets syriens ? Les spéculations vont bon train. Et voilà une interview du chef de cette organisation, Chaker Al-Abssi pour le quotidien beyrouthin francophone L’Orient-Le Jour. Lire le reste de cette entrée »

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Les confessions de Khalid Cheikh Mohamed

Interrogé samedi dernier à Guantanamo, Khalid Cheikh Mohamed a revendiqué 31 attentats ou projets d’attentat : le World Trade Center en 1993, la boîte de nuit à Bali en 2002, les chaussures piégées de Richard Reid, et des projets visant Jean Paul II et Bill Clinton, l’aéroport d’Heathrow et Big Ben à Londres, des centrales nucléaires aux USA et la Bourse de New York. Dans un texte lu en son nom par son « représentant personnel », un lieutenant de l’US Air Force, et partiellement rendu public hier par le Pentagone, Mohamed a exprimé des regrets : « Je ne suis pas heureux que trois mille personnes aient été tuées en Amérique. Je n’aime pas tuer des enfants ». Partagés par les chrétiens, les juifs et les musulmans, les 10 Commandements interdisent de tuer, mais il y a des « exceptions », c’est une « guerre révolutionnaire ». Se référant à George Washington, qui aurait été traité comme un « ennemi combattant » s’il avait été arrêté par les Britanniques, il a contesté l’appellation de « terroriste », et déploré l’arrestation de nombreux innocents depuis 2001.

Les extraits de cette confession sont une très bonne illustration de la manière dont les terroristes se définissent: en combattant de la liberté, et jamais en terroriste. Ce qualificatif a en effet une connotation péjorative et n’est jamais utilisé par ceux que l’on désigne de ce terme. Pour plus d’infos sur la manière dont les terroristes se perçoivent, eux et leur combat, cf. la section histoire du terrorisme ou encore les définitions du terrorisme.

A lire:
Le cerveau du cerveau présumé des attentats serait passé aux aveux, Le Monde, 15 mars 2007

Suspected Leader of 9/11 Attacks Is Said to Confess, New York Times, 15 Mars 2007

“I was responsible for the 9/11 operation, from A to Z,” he said.

“I’m not happy that 3,000 been killed in America,” he said in broken English. “I feel sorry even. I don’t like to kill children and the kids.” [Excerpts, Page A23.]

He added, “The language of war is victims.”

(…) Mr. Mohammed indicated in the transcript that some of his earlier statements to C.I.A. interrogators were the result of torture. But he said that his statements at the tribunal on Saturday were not made under duress or pressure.

His actions, he said, were like those of other revolutionaries. Had the British arrested George Washington during the Revolutionary War, Mr. Mohammed said, “for sure they would consider him enemy combatant.”

(…) “What I wrote here, is not I’m making myself hero, when I said I was responsible for this or that. But you are military man. You know very well there are language for war.”

It is not clear how many of Mr. Mohammed’s expansive claims were legitimate. In 2005, the Sept. 11 commission said that Mr. Mohammed was noted for his extravagant ambitions, and, using his initials, described his vision as “theater, a spectacle of destruction with KSM as the self-cast star, the superterrorist.”

(…) Mr. Mohammed, 41, is an ethnic Pakistani who grew up in Kuwait and graduated from North Carolina State Agricultural and Technical State University in 1986. He was captured on March 1, 2003, in Rawalpindi, Pakistan, and was held in the secret C.I.A. prison system, where he is believed to have been subjected to harsh interrogation.

In a long monologue that fills about four single-spaced pages of the transcript, Mr. Mohammed said his motives were military ones.

“If America they want to invade Iraq they will not send for Saddam roses or kisses, they send for a bombardment,” he said. “I consider myself, for what you are doing, a religious thing as you consider us fundamentalist. So, we derive from religious leading that we consider we and George Washington doing the same thing.”

(…) “The American have human right,” he said. “So, enemy combatant itself, it flexible word.”

“War start from Adam when Cain killed Abel until now,” he said.

Excerpt: ‘I Don’t Like to Kill Children’Télécharger la copie de la confession de Khalid Cheik Mohamed (PDF)

« Many Muslims (…) have been oppressed by America. This is the feeling of the prophet. So when we say we are enemy combatant, that right. We are. But I am asking you again to be fair with many detainees which are not enemy combatant. Because many of them have been unjustly arrested. Many, not one or two or three. Cause the definition you which wrote even from my view it is not fair…. »

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Attentat à Casablanca

« Le temps des kamikazes », par Hoda Saliby

Revue de presse du Courrier International – 13 mars 2007

« En alerte maximale depuis le début de l’année, le Maroc a été, une fois encore, secoué, dans la nuit de dimanche à lundi, par un attentat terroriste perpétré par un kamikaze, à l’intérieur d’un cybercafé situé dans le quartier populaire de Sidi Moumen, à Casablanca », rapporte Le Quotidien d’Oran. Sidi Moumen est un des quartiers pauvres de la capitale économique du royaume, « d’où étaient originaires la plupart des kamikazes des attentats de mai 2003 » qui avaient fait 45 morts et des dizaines de blessés, rappelle le journal algérien avant de relever que « cet attentat intervient trois jours seulement après l’arrestation, toujours à Casablanca, d’un des suspects dans l’organisation et l’exécution des attaques de mai 2003 ».

L’explosion est survenue à la suite d’une altercation entre le propriétaire du cybercafé et deux individus dont le comportement avait suscité des frictions avec les autres clients. « L’attentat a fait un mort (le kamikaze) et quatre blessés, dont le deuxième kamikaze qui a été arrêté alors qu’il tentait de prendre la fuite. Les deux individus ont été identifiés », signale Aujourd’hui Le Maroc.

Selon le quotidien algérien El-Watan, qui cite des « sources sécuritaires » marocaines, « les deux individus comptaient recevoir des instructions de leurs dirigeants via Internet pour faire exploser leurs bombes dans une autre partie de la ville ». Depuis quelques semaines, le Maroc vit au rythme de la traque des individus soupçonnés « d’intentions réelles de commettre des actes terroristes », poursuit le journal. « Le royaume du Maroc semble devenir l’une des cibles d’Al-Qaida. » »

(…) Hoda Saliby indique, toujours selon El Watan, que le Parti pour la justice et la bienfaisance (association islamiste Al adl wal Ihsane) est toléré par les pouvoirs publics mais a des liens avec Al-Qaida. En février dernier, quelques uns de ses membres auraient été arrêtés. Il semblerait aussi que « le Maroc compterait quelque 100 cellules terroristes liées à Al-Qaida et susceptibles de mener des attentats suicides, constituant ainsi la pire menace terroriste pour l’Europe. Chaque cellule compte 5 à 10 membres, ce qui fait environ 900 ou 1 000 personnes qui pourraient être recherchées par la police aujourd’hui au Maroc » selon les déclarations du juge antiterroriste espagnol, Baltazar Garzón devant la commission parlementaire chargée d’enquêter sur les attentats du 11 mars 2004 à Madrid.

Pour El-Watan, « ce contingent, il faut le dire, constitue une menace sérieuse, non seulement pour la sécurité du royaume, mais pour celle de tous les pays du Maghreb, l’Algérie notamment ».

Enfin, le quotidien marocain Le Matin se réjouit que l’attaque planifiée par les deux kamikazes ait pu être déjouée grâce « à la vigilance de la population. En l’occurrence celle du propriétaire du cybercafé. » »

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Al Qaida plus en forme que jamais!

Par Bruce Hoffman*. Extraits, d’après un article du Courrier international – n° 852 – 1er mars 2007 – Article en Version Originale: « Remember Al Qaeda? They’re baaack », dans le Los Angeles Times du 20 février 2007

(…) « On parle souvent d’Al-Qaida comme d’une organisation en repli, incapable d’organiser des attentats d’envergure, privée de commandement, dont les membres se terrent dans des grottes reculées du Waziristan [zone tribale du Pakistan, frontalière de l’Afghanistan]. Or la réalité est tout autre : loin d’être en déroute, Al-Qaida est en plein essor. Après les revers subis lors des premières phases de la guerre contre le terrorisme, elle s’est reconstituée et réorganisée, et elle rassemble actuellement ses forces, bien décidée à poursuivre le combat épique qu’elle a commencé il y a plus de dix ans.

Elle est loin d’être affaiblie au point de devoir se rabattre sur des cibles plus accessibles comme les hôtels et les transports en commun ; bien au contraire, Al-Qaida reste fidèle à son mode opératoire habituel : des attentats simultanés et spectaculaires contre des objectifs toujours plus protégés.

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L’esprit du terrorisme, par Jean Baudrillard

Jean Baudrillard est mort hier, à l’âge de 77 ans. Voici un texte qu’il a écrit peu de temps après les attentats du 11 Septembre 2001. Il est possible de le trouver ici, dans les archives du Monde, ou ici en ligne sur le site de l’European Graduate School Faculty.

« Des événement mondiaux, nous en avions eu, de la mort de Diana au Mondial de football – ou des événements violents et réels, de guerres en génocides. Mais d’événement symbolique d’envergure mondiale, c’est-à-dire non seulement de diffusion mondiale, mais qui mette en échec la mondialisation elle-même, aucun. Tout au long de cette stagnation des années 1990, c’était la  » grève des événements  » (selon le mot de l’écrivain argentin Macedonio Fernandez). Eh bien, la grève est terminée. Les événements ont cessé de faire grève. Nous avons même affaire, avec les attentats de New York et du World Trade Center, à l’événement absolu, la  » mère  » des événements, à l’événement pur qui concentre en lui tous les événements qui n’ont jamais eu lieu.

Tout le jeu de l’histoire et de la puissance en est bouleversé, mais aussi les conditions de l’analyse. Il faut prendre son temps. Car tant que les événements stagnaient, il fallait anticiper et aller plus vite qu’eux. Lorsqu’ils accélèrent à ce point, il faut aller plus lentement. Sans pourtant se laisser ensevelir sous le fatras de discours et le nuage de la guerre, et tout en gardant intacte la fulgurance inoubliable des images.
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