Mesures de prévention de l’islamisme radical en Europe

Alors que s’ouvre aujourd’hui l’audience de Guantanamo sur les accusés du 11 Septembre, un article de Jean-Pierre Stroobants paru dans Le Monde en date du 6 juin 2008 explique que l’Union Européenne va prendre de nouvelles mesures pour lutter contre la radicalisation des jeunes dans le terrorisme islamiste.

Les experts européens les estime à 3 000 environ en Grande-Bretagne, quelques centaines en France, de 100 à 200 aux Pays-Bas et en Belgique: leur profile a changé ces dernières années. Ils sont recrutés beaucoup plus tôt, ne sont souvent pas fichés – ce qui complique leur repérage. Autour des cellules de ce « terrorisme interne », indirectement lié à Al-Qaida, on retrouve quelques milliers de sympathisants non engagés dans l’action violente, mais prêts à partager les idées des leaders radicaux.

Pour Gilles de Kerchove, coordinateur européen de la lutte antiterroriste, l’Europe s’est essentiellement préoccupée des conséquences à court terme du terrorisme. Elle soit maintenant développer un plan à long terme et s’attaquer aux causes de la radicalisation de certains musulmans.

Comme le précise l’article,

« Depuis juillet 2005, l’UE a été épargnée par les actions terroristes à grande échelle. Les attaques qui ont visé des Européens en dehors du territoire des Vingt-Sept, tout comme les informations qui remontent vers Bruxelles en provenance des Etats membres, confirment cependant que la menace n’a pas décru.

Divers services de renseignement continuent à évoquer le  » basculement «  de jeunes gens du fondamentalisme vers l’islamisme, puis de l’islamisme vers l’action violente. Diverses cellules organisent toujours le recrutement de ces militants via des organisations caritatives, des mouvements de jeunesse, des associations de quartier, des écoles. Instruits par les événements des dernières années et les nombreuses arrestations opérées dans divers pays, ces groupes deviennent, en outre, des structures de plus en plus fermées, difficilement pénétrables par les agents du renseignement. »

Il s’agit naturellement d’écarter préalablement « toute stigmatisation de l’islam » et impliquer des musulmans dans sa campagne, et agir sur différents plans sans empiéter sur les compétences nationales.

Du côté des Etats Membres, les choses semblent avancer également:

  • L’Espagne formulera des propositions pour favoriser le dialogue avec les divers courants religieux, mieux assurer la formation des imams et réduire l’influence des courants les plus radicaux dans le message délivré aux croyants.
  • La Grande-Bretagne imagine, avec l’aide d’experts et de groupes de la société civile, la constitution d’un  » discours alternatif «  à celui d’Al-Qaida, sorte de dictionnaire de contre-propagande.
  • La Suède, forte d’une longue expérience, avancera  » des idées neuves «  sur le rôle de la police de proximité.
  • Les Pays-Bas collecteront les  » meilleures pratiques «  de leurs autorités locales en matière de prévention terroriste pour élaborer une sorte de guide.
  • L’Allemagne, qui a mis en place un programme d’observation intensive d’Internet, amplifiera cette initiative. Elle a déjà débouché sur la naissance d’un portail mis à la disposition des Etats membres par Europol, l’office européen de coopération policière.

Il faudra rajouter à cela des mesures pour lutter contre l’endoctrinement dans les prisons et axer sur l’axe de la communication.

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