Chaker Al-Abssi raconté par son frère

Dans un article publié dans le Monde aujourd’hui et intitulé « De la colère au djihad, le chef du Fatah Al-Islam raconté par son frère », on apprend quelques petits détails sur la vie de Chaker Al-Abssi, qui a vécu à Wehdat (un camp de réfugiés palestiniens au Moyen-Orient), à Amman, en Jordanie. Avant de devenir « commandant du Fatah Al-Islam en guerre contre l’armée libanaise dans un autre camp palestinien, à Nahr Al-Bared« , Chaker était « un enfant qui aimait jouer au ping-pong, doué pour les études ». Il est parti du camp en 1973 en s’engageant dans le Fatah de Tasser Arafat.

Il paraît que  » Wehdat vaut mieux que n’importe quel camp du Liban » selon une cousine de Chaker. Mais c’est un lieu sans espoir. Quarante-quatre ans que j’y vis, sans avoir obtenu de passeport jordanien. » Mais comme le précise l’envoyée spéciale du Monde, Cécile Hennion, « Chaker Al-Abssi, lui, possédait trois passeports : libyen, yéménite et jordanien, avant d’avoir été déchu de cette dernière nationalité en 2003. Les autorités jordaniennes l’ont jugé par contumace et condamné à mort pour son implication dans l’assassinat, à Amman, en octobre 2002, du diplomate américain Lawrence Foley. »

Selon des proches de Chaker, le djihasime international de l’attirait pas. « Sa cause a toujours été la libération de Jérusalem ».

Son frère, « Abdel Razaq, médecin, qui a quitté Wehdat pour Zarqa, un faubourg d’Amman rendu célèbre par Abou Moussab Al-Zarkaoui, le chef défunt d’Al-Qaida en Irak » raconte son parcours à la journaliste: « De la Palestine, Chaker n’a connu que le camp d’Ain Al-Sultan, près de Jéricho. La guerre de 1967 provoque le départ de la famille vers Wehdat, où se trouve une partie du clan Al-Abssi. Chaker a 12 ans et « ce caractère commun à la jeunesse palestinienne des camps qui a vu ses parents humiliés et dépossédés : la colère et la frustration qui conduisent à l’activisme ». Il adhère à une organisation secrète des jeunesses du Fatah et, après son baccalauréat, rejoint l’organisation palestinienne.

« Le Fatah l’aide à obtenir une bourse d’étude en médecine, en Tunisie, en 1973.  » Mais au bout d’un an, il a déclaré qu’il souhaitait étudier une discipline plus utile à la cause palestinienne « , se souvient Abdel Razaq. Chaker veut devenir pilote. Son frère possède une seule photo de lui, posant en uniforme d’aviateur libyen. C’est en Libye que le Fatah lui trouve une place à l’Académie d’aviation où il suit une formation d’au moins trois ans. La période qui suit est floue. Chaker se serait engagé dans la guérilla sandiniste au Nicaragua. »

Puis « il revient au Proche-Orient, se battre aux côtés d’Arafat« , et va au Yemen du Nord en 1982 (lorsque les combattants palestiniens sont dispersés, après le siège israélien de Beyrouth) « où il devient instructeur pour pilotes de chasse. Fin 1983, la discorde s’empare du Fatah. « Chaker reprochait à ses dirigeants d’être corrompus et d’être basés trop loin de la Palestine. Il a rejoint la faction dissidente de Fatah Al-Intifada, dans le camp palestinien de Hajar Al-Assouad, près de Damas », un groupe contrôlé par le régime syrien. »

« Eclate alors la guerre libyo-tchadienne. En signe d’attachement au pays qui l’a formé, il se porte volontaire auprès de l’armée libyenne. Puis s’établit à Tripoli jusqu’à la décision de Mouammar Kadhafi, en 1995, après les accords d’Oslo, de. A partir de là, il effectue des allers-retours au Liban, dans les camps d’entraînement du Fatah Al-Intifada. » « jeter les Palestiniens dans le désert, leur disant qu’ils n’avaient qu’à rentrer chez eux. Mon frère avait obtenu la nationalité libyenne. Personne ne lui demandait de partir. Mais il a vécu cela comme une humiliation et est reparti pour Damas »

« S’opère alors un changement radical. « Chaker est devenu très religieux. Il se rendait à la mosquée tous les jours pour étudier le Coran, qu’il a appris par coeur en trois ans. » Pourquoi ce changement ?  » Les Palestiniens ont essayé le marxisme et le nationalisme arabe. Tout a échoué. Je crois que pour Chaker, l’islamisme était la solution ultime. » Abdel Razaq affirme avoir revu son frère une dernière fois en 2005, à Damas, alors qu’il sortait d’un long emprisonnement en Syrie pour trafic d’armes. Ensuite, il s’est installé à Nahr Al-Bared, au Liban, et a fondé le Fatah Al-Islam. »

« Puis il y a eu les actualités à la télévision, les combats. Et la fièvre dans le camp de Wehdat. (…) « Maintenant, nous attendons qu’il devienne martyr, en espérant que sa mort sera le combustible qui enflammera la cause palestinienne. »

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