Attentats aux Etats-Unis: ce que savaient les Français, ce que soupçonne un spécialiste américain…

Le 1er février dernier, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller national de sécurité, a « évoqué la possible organisation par l’administration Bush d’un attentat sur le sol des États-Unis qui serait faussement attribué à l’Iran pour provoquer une guerre ». Lors d’une audition par la Commission des Affaires étrangères du Sénat, il a en effet indiqué : «Un scénario possible pour un affrontement militaire avec l’Iran implique que l’échec irakien atteigne les limites américaines ; suivi par des accusations américaines rendant l’Iran responsable de cet échec ; puis, par quelques provocations en Irak ou un acte terroriste sur le sol américain dont l’Iran serait rendu responsable. Ceci pourrait culminer avec une action militaire américaine « défensive » contre l’Iran qui plongerait une Amérique isolée dans un profond bourbier englobant l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan »). Cette information n’a pas été relayée par les grands médias, si ce n’est pas le Washington Note ou le Financial Times.

A Washington, les analystes hésitent entre deux interprétations de cette déclaration. Pour les uns, l’ancien conseiller national de sécurité a tenté de couper l’herbe sous les pieds des néoconservateurs et de jeter le doute à l’avance sur toute circonstance qui conduirait à la guerre. Pour d’autres, M. Brzezinski a voulu, en outre, suggérer qu’en cas d’affrontement avec les partisans de la guerre, il pourrait rouvrir le dossier du 11 septembre.

Cette dernière hypothèse pourrait être vérifiée (à la lumière du passé) par ce rapport de la DGSE de 328 pages dont parle Guillaume Dasquié dans un article du Monde (« 11 Septembre 2001: les Français en savaient long ») paru le 16 avril 2007. Comme il le précise, on trouve de tout dans ce rapport: « Notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite. Le tout exclusivement consacré à Al-Qaida, ses chefs, sous-chefs, planques et camps d’entraînement. A ses soutiens financiers aussi. Rien de moins que l’essentiel des rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001. Une véritable encyclopédie. »

Le journaliste commence par évoquer sa rencontre avec Emmanuel Renoult, actuel chef de cabinet du QG de la DGSE: en constatant que les journalistes ont eu accès à ce rapport, « il ne peut s’empêcher de déplorer une telle fuite, tout en nous laissant entendre que ce paquet représente la quasi-intégralité des productions de la DGSE sur le sujet pour cette période cruciale. En revanche, sur le fond, impossible de lui soutirer le moindre commentaire. Trop sensible. »

Un nombre élevé de notes

Plusieurs questions émergent en réalité à la lecture de ce rapport: et ce notamment à cause du « nombre élevé de notes uniquement consacrées aux menaces d’Al-Qaida contre les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides de New York et de Washington. Neuf rapports entiers sur le sujet entre septembre 2000 et août 2001. Dont une note de synthèse de cinq pages, intitulée »Projet de détournement d’avion par des islamistes radicaux » , et marquée d’une date… 5 janvier 2001 ! Huit mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les discussions tactiques menées depuis le début de l’année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses alliés talibans, au sujet d’une opération de détournement d’avions de ligne américains. »

En fait, comme l’expliquera ensuite Pierre-Antoine Lorenzi, alors chef de cabinet du patron de la DGSE (et devenu depuis président d’une société spécialisée dans les stratégies de crise et d’influence – Serenus Conseil), le détournement d’avion n’avait alors pas la même signification. Avant le 11 Septembre, cela signifiait que l’on allait « forcer un appareil à se poser sur un aéroport pour mener des négociations. » Et les services sont alors habitués à gérer ce genre de situations…

Le canal de renseignement espion ouzbek

Mais « dès janvier 2001, la direction d’Al-Qaida se montre néanmoins transparente aux yeux – et aux oreilles – des espions français. Les rédacteurs détaillent même les désaccords entre terroristes sur les modalités pratiques du détournement envisagé. Jamais ils ne doutent de leur intention. Provisoirement, les djihadistes privilégient la capture d’un avion entre Francfort et les Etats-Unis. Ils établissent une liste de sept compagnies possibles. Deux seront finalement choisies par les pirates du 11-Septembre : American Airlines et United Airlines (voir fac-similé). Dans son introduction, l’auteur de la note annonce : « Selon les services ouzbeks de renseignement, le projet d’un détournement d’avion semble avoir été discuté en début d’année 2000 lors d’une réunion à Kaboul entre des représentants de l’organisation d’Oussama Ben Laden… »
Des espions ouzbeks renseignent donc les agents français. A l’époque, l’opposition des fondamentalistes musulmans au régime pro-américain de Tachkent s’est fédérée dans le Mouvement islamique d’Ouzbékistan, le MIO. Une faction militaire de ce parti, emmenée par un certain Taher Youdachev, a rejoint les camps d’Afghanistan et prêté allégeance à Oussama Ben Laden, lui promettant d’exporter son djihad en Asie centrale. Des livrets militaires et des correspondances du MIO, trouvés dans des camps afghans d’Al-Qaida, en attestent.
 »

Comme le souligne le journaliste, pour Alain Chouet – à la tête du Service de renseignement de sécurité (subdivision de la DGSE chargée de suivre les mouvements terroristes) jusqu’en octobre 2002 – « la crédibilité du canal ouzbek trouve son origine dans les alliances passées par le général Rachid Dostom, l’un des principaux chefs de guerre afghans, d’ethnie ouzbek lui aussi, et qui combat alors les talibans. Pour plaire à ses protecteurs des services de sécurité de l’Ouzbékistan voisin, Dostom a infiltré certains de ses hommes au sein du MIO, jusque dans les structures de commandement des camps d’Al-Qaida. C’est ainsi qu’il renseigne ses amis de Tachkent, en sachant que ses informations cheminent ensuite vers Washington, Londres ou Paris. »

Les autres canaux d’informations de la DGSE

Mais il s’avère que la DGSE ne se réduit pas à des sources d’informations « amies »: « pour percer les secrets des camps, d’une part elle manipule et « retourne » des jeunes candidats au djihad originaires des banlieues des grandes villes d’Europe. D’autre part, elle envoie des hommes du service action auprès de l’Alliance du Nord du commandant Massoud. Sans compter les interceptions des téléphones satellitaires.« 

Et comme l’ajoute le journaliste, « un proche de Pierre Brochand, l’actuel patron de la DGSE, nous a assuré que le service disposait d’une « cellule Oussama Ben Laden » depuis au moins 1995. L’alerte du 5 janvier s’appuie donc sur un système éprouvé. Alain Chouet, après nous avoir demandé de préciser qu’il ne s’exprimait pas au nom des institutions françaises, reste laconique mais clair : « Il est rare qu’on transmette un papier sans recouper. » D’autant que ledit papier suit et précède de multiples rapports de la DGSE étayant la crédibilité des incantations guerrières d’Oussama Ben Laden.« 

Sans oublier que « dans sa note, la DGSE estime enfin que la volonté d’Al-Qaida de concrétiser son acte de piraterie contre un appareil américain ne laisse aucun doute : « Au mois d’octobre 2000, Oussama Ben Laden a assisté à une réunion en Afghanistan au cours de laquelle la décision de principe de mener cette opération a été maintenue. » Nous sommes le 5 janvier 2001, les dés sont jetés, les Français le savent… Et ils ne sont pas les seuls. »

Canaux de transmissions américains…

La DGSE (enfin, son « service des liaisons », auparavant dénomé service de la « coopération entre alliés ») a naturellement transmis la note à la CIA. Le premier destinataire est en réalité « le chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray, un francophone au physique de John Wayne, rentré depuis aux États-Unis« . Celui-ci n’a pas voulu répondre aux journalistes mais « Pierre-Antoine Lorenzi, dont les responsabilités à la DGSE couvraient alors les questions relatives à la coopération avec les agences étrangères, ne conçoit pas que ces renseignements-là ne lui aient pas été remis : « Ça, typiquement, c’est le genre d’information qui est transmise à la CIA. Ce serait même une faute de ne pas l’avoir fait. » Cela dit, deuxanciens agents de la CIA contactés par les journaslites, Gary Berntsen (rattaché à la direction des opérations de l’agence de 1982 à 2005) ou Michael Scheuer, (ancien responsable de l’unité Ben Laden au siège de la CIA), ne se souviennent de telles informations en provenance de la DGSE.

Enfin, comme le rappelle Guillaume Dasquié, « à Washington, la commission d’enquête du Congrès sur le 11-Septembre, dans son rapport final publié en juillet 2004, a mis l’accent sur l’incapacité du FBI, de la CIA ou des services d’immigration d’agréger des données éparses visant certains membres des commandos du 11-Septembre. A aucun moment la commission n’a évoqué la possibilité que la CIA aurait répercuté au pouvoir politique, dès janvier 2001, des renseignements émanant des services français sur le choix tactique d’Oussama Ben Laden d’organiser des détournements d’avions américains. »

Un fonctionnement minutieusement rodé et bien décrypté

Le rapport de la DGSE montre aussi que le fonctionnement de l’organisation était très bien connu: « Dès le 24 juillet 2000, avec la rédaction d’un rapport de treize pages intitulé »Les réseaux d’Oussama Ben Laden », l’essentiel se révèle consigné noir sur jaune pâle, la couleur des originaux de la DGSE. Le contexte, les détails anecdotiques et tous les aspects stratégiques relatifs à Al-Qaida y figurent déjà. Bien souvent, les documents ultérieurs se contentent de les préciser. Ainsi, l’hypothèse de la mort de Ben Laden – qui a connu un certain succès en septembre 2006 – prend, dans cette note du 24 juillet 2000, les intonations d’un refrain connu, mais néanmoins fondé : « L’ex-Saoudien, qui vit depuis plusieurs années dans des conditions précaires, se déplaçant sans cesse, de camp en camp, souffre également de problèmes rénaux et dorsaux. (…) Des rumeurs récurrentes font état de sa mort prochaine, mais il ne paraît pas avoir, jusqu’à présent, changé ses habitudes de vie. »

La DGSE a aussi accumulé des informations au sujet d’un proche d’Oussama Ben Laden, Abou Khabab: « Cet artificier d’origine égyptienne, connu pour avoir enseigné la science des explosifs artisanaux à des générations de djihadistes, constitue une cible en théorie prioritaire. Dans deux notices biographiques sur ce personnage, du 25 octobre 2000 et du 9 janvier 2001, la DGSE énumère les renseignements échangés avec le Mossad israélien, la CIA et les services de sécurité égyptiens à son sujet. On n’ignore rien de son parcours et de ses déplacements. »

La DGSE possède alors également des informations au sujet d’Omar Chabani, en charge des militants algériens venus en Afghanistan: « grâce à lui, au cours de l’année 2001, Al-Qaida a mis des infrastructures à la disposition du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le mouvement terroriste algérien dont le chef historique Hassan Hattab, ex-allié de Ben Laden, a souscrit en 2006 à la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika – ce qui avait provoqué l’ire des jeunes générations du GSPC. Celles-ci ont repris depuis le mois d’octobre la lutte armée délaissée par leurs aînés, en se réclamant d’un nouveau GSPC – renommé Al-Qaida pour le Maghreb islamique – qui semble être responsable des attentats du 11 avril à Alger. »

Les relais politiques et financiers des terroristes

Autre éléments intéressant qui transparaît dans le rapport, « en marge des aspects opérationnels sur le fonctionnement d’Al-Qaida, (…) les relais politiques de son chef »: par exemple, une note en date du 15 février 2001 révèle alors « la présence dans le pays du représentant d’Oussama Ben Laden pour la Corne de l’Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy. » Si la note était censée informer sur les risques d’attentats contre la base militaire française de Djibouti elle révèle surtout que « l’homme, arrivé sur place le 26 mai 2000 (…), a, ni plus ni moins, « rencontré le président de la République djiboutienne ».

Mais, comme le souligne l’article, « c’est surtout l’Arabie saoudite qui apparaît comme une préoccupation constante à propos des sympathies extérieures à l’Afghanistan dont profite Oussama Ben Laden. Les rapports de la DGSE explorent ses relations avec des hommes d’affaires et diverses organisations de ce pays. Certaines personnalités saoudiennes ont proclamé leur hostilité à Al-Qaida, mais, manifestement, elles n’ont pas convaincu tout le monde. Pierre-Antoine Lorenzi se souvient bien de l’état d’esprit des responsables du renseignement français : « La DGSE a eu beaucoup de mal à considérer définitivement qu’il n’avait plus de relation avec la monarchie saoudienne, parce qu’il était en rupture de ban. C’était difficile à admettre. »

En réalité, il semblerait que 4,5 millions de dollars aient été versés au profit du chef d’Al-Qaida par l’International Islamic Relief Organisation (IIRO), « une structure directement placée sous la tutelle de la Muslim World League, elle-même considérée comme l’instrument politique des oulémas saoudiens. Il faudra attendre pourtant le 3 août 2006 pour que des bureaux de l’IIRO figurent sur la liste officielle des organisations de financement du terrorisme du département américain du Trésor. »

Bien plus encore: « Au cours de ce mois de juillet 2000, deux ans après les attentats de Nairobi et Dar-es-Salam, les auteurs de ce mémo doutent de la sincérité des positions affichées par la famille Ben Laden elle-même : « Il semble de plus en plus probable qu’Oussama Ben Laden ait gardé des contacts avec certains membres de sa famille, bien que celle-ci, qui dirige l’un des plus importants groupes de travaux publics dans le monde, l’ait officiellement renié. L’un de ses frères jouerait un rôle d’intermédiaire dans ses contacts professionnels ou le suivi de ses affaires. » Selon M. Lorenzi, c’est la récurrence de ces doutes, et plus spécifiquement l’ambivalence de l’IIRO, qui conduiront la DGSE à se mobiliser avec le Quai d’Orsay, en 1999, quand la diplomatie française proposera aux Nations unies une convention internationale contre le financement du terrorisme. »

« Une autre note des services secrets français, datée du 13 septembre 2001, et intitulée « Eléments sur les ressources financières d’Oussama Ben Laden », réitère ces soupçons à l’encontre du Saudi Ben Laden Group, l’empire familial. Elle présente aussi un puissant banquier, autrefois proche de la famille royale, comme l’architecte historique d’un dispositif bancaire qui « semble avoir été utilisé pour transférer au terroriste des fonds provenant des pays du Golfe ». Une annexe de cette note du 13 septembre 2001 répertorie les actifs a priori sous le contrôle direct d’Oussama Ben Laden. Surprise, au milieu de structures connues que le »Cheikh » a dirigées au Soudan, au Yémen, en Malaisie et en Bosnie figure encore, en 2001, un hôtel situé à La Mecque, en Arabie saoudite. »

En octobre 2001, une note évoque « Le départ du prince Turki al-Fayçal, chef des services de renseignement saoudiens » en la qualifiant d« ‘éviction politique »: pour le journaliste, il s’agit surtout d’une révélation sur « les dessous de ce spectaculaire limogeage juste avant le 11-Septembre » et les limites de l’influence saoudienne en Afghanistan.

Et le journaliste de conclure en posant cette question de savoir ce qu’il en est six ans plus tard… « Dans un ample rapport de la DGSE que nous avons pu consulter, intitulé « Arabie saoudite, un royaume en péril ? » et daté du 6 juin 2005, les agents français dressent un bilan plus positif des initiatives du régime saoudien contre Al-Qaida. Certains paragraphes trahissent toutefois des craintes persistantes. Les services secrets français redoutent toujours les penchants pour la guerre sainte de quelques docteurs de la foi saoudiens. »

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Publié dans Analyses, Presse. 3 Comments »

3 Réponses to “Attentats aux Etats-Unis: ce que savaient les Français, ce que soupçonne un spécialiste américain…”

  1. Luc Says:

    L’intérêt de cette nouvelle selon moi, outre la confirmation de ce que plusieurs s’égosillent à faire savoir depuis cinq ans (que les faits et gestes d’al Qaïda étaient surveillés et connus depuis le début), c’est son timing. Dasquié n’a manifestement pas trouvé ce document classifié de 328 pages dans une poubelle… Quelqu’un le lui a confié, et pareille fuite n’est jamais orchestrée gratuitement et avec désintérêt. D’après vous, pourquoi ce coulage et pourquoi maintenant ? C’est manifestement un doigt d’honneur transmis à l’administration Bush mais quel est le sens latent du message envoyé ?

    Merci d’avance pour votre réponse!

    Luc

  2. Anne-Sophie Novel Says:

    Bonjour Luc,

    Dans l’article intégral, on comprend en une ligne que Pierre-Antoine Lorenzi était surpris de voir que le journaliste avait eu accès à ce document…

    Guillaume Dasquié travaille sur le sujet depuis lontemps mais il a du s’excuser pour certaines allégations dans le livre « Ben Laden, la Vérité interdite », non vérifiées par la suite:
    http://www.voltairenet.org/article143898.html#article143898

    En tant que spécialiste du renseignement (économique et géopolitique), j’imagine qu’il a des contacts nombreux qui ont du lui transmettre ce document… Le pourquoi du comment me sont malheureusement inconnus…

    Le « pourquoi maintenant » par contre, à l’heure où justement aux Etats Unis certains experts haussent le ton (Brzezinski, ce n’est pas à son habitude), et où Bush a annoncé vouloir poursuivre la guerre en Irak malgré l’avis du congrès… Ce n’est pas anodin… Cela dit il ne me semble pas que ces révélations aient été trop ébruitées pour le moment… Une affaire à suivre c’est certain!

  3. Luc Says:

    Merci pour votre réponse Anne-Sophie et merci aussi de partager vos informations et connaissances sur ces sujets sensibles. Votre blog est très instructif.


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