Les 11 en série… Analyses des attentats du 11 avril…

Après les attentats du 11 avril à Alger, voilà une série d’articles intéressants sur le sujet… Tous font le même constat: Al Qaeda a par ces attentats prouvé une fois de plus sa ténacité et sa capacité à se renouveller.

Cet article de Mussa Acherchour repris de la Nouvelle République (journal Algérois) dans CI, donne la vision locale des attentats du 11 avril:

« Par cette action spectaculaire – la plus spectaculaire depuis plus de dix ans –, la branche maghrébine d’Al-Qaida réussit, à l’évidence, un coup médiatique très précieux, et par-là à briser cette image de groupe décimé ; puisque l’événement d’hier a été médiatisé et suivi en direct dans le monde entier, et ressuscite, du coup, le « syndrome du terrorisme en Algérie, qui n’était plus à la une » des médias internationaux depuis belle lurette.

Vu de l’extérieur, Al-Qaida – ou ce qui s’y apparente – semblait contrainte d’intensifier ses actions dans la région du Maghreb, sans doute pour obtenir la grâce et la reconnaissance de ses maîtres d’Orient, après s’être rebaptisée et mise au service du djihad. Il faut noter, au passage, que le double attentat d’Alger survient juste au lendemain d’un double attentat qui a secoué la ville de Casablanca au Maroc, revendiqué par la même nébuleuse. Ce qui prouve, encore une fois, que toute la région est dans le collimateur de ce réseau transnational. »

Ici, Terrorisme.net fait le point et met en avant le développement de la mouvance en Algérie et au Maroc, soulignant que « si le goût de l’aventure et de l’héroïsme peut sans doute contribuer à expliquer une part de l’engagement de jeunes gens de différents pays pour le jihad en Irak, cela ne suffit pas pour expliquer que tant de candidats au « martyre » surgissent subitement: ils sont convaincus de s’engager dans une cause juste face à des oppresseurs. Les images quotidiennement diffusées sur les chaînes de télévision du monde arabe sur la situation en Irak les indignent et les incitent à vouloir rejoindre les rangs jihadistes – exactement comme d’autres jeunes gens, à d’autres époques, en Occident aussi, ont été prêts à tout sacrifier pour défendre des idéaux.« 

Mais l’article mentionne aussi justement que « le Maghreb présente aussi pour le jihadisme un intérêt en raison de sa proximité de l’Europe et de la présence d’une importante diaspora maghrébine dans certains pays européens, notamment la France – population au sein de laquelle il est relativement aisé de se fondre et de préparer des opérations, même si les services de sécurité français sont du nombre de ceux qui ont développé la plus longue expérience de la lutte contre le terrorisme se réclamant de l’islamisme. La France pourrait également se trouver au premier plan des cibles futures, suggèrent certains observateurs. « 

Enfin l’analyse rappelle deux études récentes sur le sujet: « dans un récent article sur Al Qaïda et le GSPC (Terrorism Focus, 3 avril 2007), Michel Scheuer soulignait que l’on pouvait tirer des récents développements trois leçons. Tout d’abord, les actions encouragées par Oussama ben Laden ne visent pas seulement à nuire aux Etats-Unis et à d’autres pays occidentaux ainsi qu’à leurs alliés dans le monde musulman, mais aussi à inciter des musulmans à rejoindre les rangs du jihadisme, et cette tactique rencontre un certain succès. Ensuite, ce que l’on appelle les « franchises » d’Al Qaïda dans différentes zones n’ont pas complètement remplacé l’organisation mère elle-même, celle-ci continue d’exercer une certaine activité (depuis le Pakistan) et les responsables de la lutte contre le terrorisme se trouvent confrontés à une menace à deux niveaux. Enfin, l’Irak apparaît comme un pays à partir duquel Al Qaïda peut se projeter vers d’autres zones. »

« C’est à raison que le spécialiste indien B. Raman écrit, à la suite des attentats du 11 avril, que nous nous trouvons face à un véritable projet stratégique d’Al Qaïda, avec une diffusion géographique toujours plus large d’une insurrection islamiste. Il s’agit d’affaiblir les régimes d’un nombre croissant de pays non pas pour le plaisir d’y semer le chaos, mais comme prélude au rêve d’une prise de pouvoir et de l’établissement d’un Etat islamique transnational. Le jihadisme version Al Qaïda est patient: il ne raisonne pas à l’horizon de quelques années, mais de décennies. Les stratèges d’Al Qaïda ne sont nullement des excités délirants, mais des hommes qui ont développé – en tout cas certains d’entre eux – un projet très bien pensé. Même s’ils ne parviendront probablement jamais à atteindre leurs buts, le jihadisme réserve encore beaucoup de sang et de larmes: seule une stratégie de longue haleine et aussi élaborée pourra adéquatement y répondre. » »

Enfin, un article de Piotr Smolar dans le Monde en date du 12 avril souligne justement que « lorsqu’une multinationale change de nom, elle lance une campagne de communication. Lorsque le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), a annoncé officiellement, en janvier, qu’il devenait  » Al-Qaida pour le Maghreb islamique  » (AQMI), les spécialistes de l’antiterrorisme ont donc redouté le pire, en Algérie comme en Europe. » Les craintes ont été confirmées, et « ce changement d’appellation correspond à des intérêts mutuels entre la direction du GSPC et le noyau dur d’Al-Qaida : la première profite du prestige de la marque mondialement connue ; Al-Qaida, pour sa part, bénéficie des coups d’éclat de ses nouveaux représentants et développe ses réseaux dans le Maghreb. »

Comme le souligne dans ce même article Olivier Roy, « nous sommes face à la troisième génération d’activistes, après le FIS – Front islamique du salut – , puis le GIA – Groupes islamiques armés – -GSPC. (…) Le modèle GIA, reposant sur la lutte dans les maquis et la volonté de constituer un Etat islamique, ne fonctionne plus. La nouvelle génération n’a aucune stratégie de ralliement des masses ; elle s’inscrit dans un projet global, supranational. Ils sont beaucoup trop « modernes » pour avoir un projet politique élaboré. Ils veulent simplement frapper en ayant le plus grand impact médiatique. « 

« L’une des cibles choisies, le siège du gouvernement, ressemble à un véritable défi et à une démonstration de force, qui intervient comme en réponse à la vaste opération militaire lancée depuis deux semaines dans la région de Bejaia, en Kabylie.  » AQMI correspond à un vrai projet cohérent, explique un haut responsable français du renseignement : il s’agit pour eux de dépasser la dimension strictement algérienne de la lutte et de poursuivre aussi un agenda djihadiste. » »

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