Selon Mouna Naïm, envoyée spéciale du Monde à Beyrouth, les attentats récents ont ceci de particulier qu’ils sont, pour la première fois, perpétrés dans des délais très rapprochés. Mais “ils ont ceci en commun qu’ils ont visé des endroits très fréquentés, abritant notamment des centres commerciaux et des lieux de restauration. Ils ont en outre été commis à des heures relativement tardives, à l’aide de charges explosives de puissance quasi égale (entre dix et quinze kilos), ce qui a limité le nombre des victimes – une femme tuée et des blessés plutôt légers.”
“Ces attentats sont de ce fait perçus comme autant d’avertissements par la population et la classe politique, qui redoutent que le pire soit à venir. De l’avis quasi unanime, ils visent par ailleurs à saboter la saison touristique de l’été pour la seconde année consécutive, la guerre de l’été 2006 entre Israël et le Hezbollah ayant anéanti la saison précédente.“
Elle ajoute que “le fait que ce cycle se soit déclenché le jour même où s’engageait, dans le nord du pays, un combat sans merci entre l’armée libanaise et le groupe Fatah Al-Islam, à l’initiative de ce dernier, accentue, au sein de la population, le sentiment qu’il existe un seul et même maître d’oeuvre de cette vague déstabilisatrice.”
“Pour la majorité parlementaire, il ne fait pas de doute que ce deus ex machina est la Syrie” (…): “pour preuve des propos tenus par plusieurs responsables officiels syriens, dont le dernier en date est le vice-président, Farouk Al-Chareh. Ce dernier a prédit, mercredi, que le Liban ne connaîtrait la sécurité que si un gouvernement d’union nationale était formé – c’est l’une des revendications de l’opposition libanaise, pro-syrienne dans son écrasante majorité.”
“La veille, le ministre des affaires étrangères syrien, Walid Mouallem, avait estimé que l’imposition imminente par l’ONU d’un tribunal ” à caractère international ” pour juger les présumés coupables de l’assassinat de Rafic Hariri “menaçait la sécurité du Liban”.
“L’une des conséquences de la dernière série d’attentats est de forcer la police et notamment l’armée à se déployer sur plusieurs fronts à la fois, alors même que leurs effectifs sont réduits et leur équipement dramatiquement limité. Cette situation ne peut qu’altérer leur efficacité.”
Pour plus d’informations sur le sujet, voir aussi cette infographie.


